2019

Le défi de la reconnexion

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Travail réalisé par Constance Bogucki

L’intense chaleur présente dans les galeries minières entre les puits de fosses n°1 et n°2, de la compagnie des mines de Drocourt, est à l’origine de l’appellation « Nouméa », désignant l’ensemble de logements miniers de la ville de Rouvroy. Tel un indice de l’histoire de la mine, les empreintes manifestes de l’extraction houillère dans le Bassin Minier du Nord se fouillent dans un paysage bâti de cités et terrils. Peu d’infrastructures spécifi ques à la descente sous les sols, à la transformation de la matière extraite et au rayonnement économique de l’industrie charbonnière sont encore visibles actuellement. La mémoire minière est aujourd’hui en déshérence, en raison de l’enclavement de la population qui jusqu’ici porte sa mémoire. Cette population, déconnectée de l’actuel développement économique, est disséminée sur le territoire. La fermeture des concessions houillères après l’âge d’or (noir), dès les années 1950, a laissé derrière elle un archipel de cités minières enclavées dans leurs enceintes invisibles.

Aujourd’hui les enjeux sociaux et économiques que ces cités minières ne cessent de signaler, appellent à un renouveau indispensable du territoire. Conjointement , les progrès du XXIe siècle concernant la transition énergétique appelent à de mener un chantier de sociétal. Ce dernier induira la modifi cation des modes de consommer les ressources, auxquels le territoire doit s’adapter. L’enjeu de la bonne gestion des ressources engage de nouvelle manière de concevoir et d’aménager nos territoire selon les règles de l’énergie. La hausse de 5,9% du prix de l’électricité prévue au 1er Juin 2019, et la loi sur l’auto-consommation individuelle et collective de 2017, ne font qu’encourager le rêve d’une déconnexion énergétique, créatrice d’une production et d’une consommation autonomes et mesurées de nos ressources. Les infrastructures généralisées et centralisées de la production énergétique capitalisent le pouvoir de chacun. Leur autorité est si importante qu’il est diffi cile d’en imaginer un changement radical. Pourtant, les écarts sociaux et économiques se creusent. La quête d’une auonomie énergétique devient alors un enjeu à la fois individuel et collectif . En cela, le défi de la reconnexion propose un renouveau des consciences sociale et environnementales, afi n de promouvoir une approche responsable, commune et maîtrisée de l’énergie.

Dans un contexte de réhabilitation thermique du parc d’habitats miniers, défi nis comme « passoires énergétiques » , et totalement gérés par un bailleur social, comment la pratique architecturale peut-elle évoluer face à des stratégies d’actions massives questionnant la conscience environnementale ? Comment cette dernière peut-elle se développer comme outil d’un enjeu de préservation patrimoniale , de responsabilité énergétique et d’action immédiate ? Comment l’habitant, en tant que locataire, peut-il intervenir au sein de ce changement de paradigme architectural ? Au travers d’une réfl exion alternative, nous interrogerons dans ce projet la question de l’évolution d’un mode de vie, qui se doit d’être imminente en raison du climat actuel.

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